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dimanche 13 mars 2022

Prendre RDV :

NOUVEAU au 1er sept 2026 : les étudiants doivent au préalable créer leur espace sur le site de santé psy étudiants ou mettre à jour le dossier pour l'année 2026/27 (certificat de scolarité ou CVEC)

 

Je reçois les étudiants et adultes uniquement

du lundi au vendredi 

 Toutes les disponibilités sont en ligne

   Je ne fais plus de bilan cognitif et orientation

 RDV En ligne  : https://user.clicrdv.com/demacon-corinne

Agréée par: la CPAM (Mon soutien psy) et le ministère de l'enseignement supérieur (Santé psy étudiant): Je reçois les étudiants et adultes

Le dispositif "mon soutien psy" concerne les personnes avec des troubles anxieux ou dépressifs légers à modérés uniquement,   Dans des situations plus graves il est inadapté et inefficace. Vérifier votre éligibilité avant de prendre RDV.

  Je ne fais plus de bilan cognitif et orientation


Nb : Vous recevez un rappel 48 heures avant le RDV. En cas d'absence ou de modification merci le faire directement via votre dossier pour qu'un autre patient puisse s'inscrire.


Depuis le 15 Juin 2024 :

Le dispositif Mon soutien psy est simplifié et renforcé : l’accès direct au psychologue est possible et le patient peut bénéficier de 12 séances (pour une anxiété ou dépression légère à modéré uniquement)

Vérifier les conditions d'éligibilité :  https://www.ameli.fr/morbihan/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy

 Les séances (45 mn) sont à 50 euros (remboursées CPAM + mutuelle) .

Adresse : 4 Rue Alfred KASTLER, BAT 04, RDC  56000 Vannes.

Sur RDV

Par Tel : 06 63 91 80 47 




vendredi 14 décembre 2018

Tests psychotechniques

Les tests psychotechniques cherchent à refléter les principaux traits de notre personnalité. Deux caractéristiques prédominent : l’étude de nos aptitudes verbales et numériques, comprenez : le français et les maths !

Les tests psychotechniques, qu’est-ce que c’est ?

En évolution perpétuelle, ces tests mesurent nos aptitudes numériques, logiques et verbales. Ils comprennent des tests dits "classiques" (culture générale, mémoire, personnalité) mais aussi des tests plus récents comme les matrices, les décryptages, les carrés logiques, les tests d’observation…
Les tests d'aptitude verbale sont particulièrement importants. Il s’agit de maîtriser les subtilités de la langue française et faire preuve de rapidité. Entraînement préalable conseillé !

L’objectif de ces tests psychotechniques est d'évaluer au mieux nos capacités intellectuelles et la logique de notre raisonnement. Ce sont de très bons outils pour apprendre à mieux se connaître.

Comment fonctionnent les tests psychotechniques ?

Principalement, on distingue trois typologies de tests psychotechniques :

- Les tests d’intelligence : ils mesurent la capacité à s'adapter à un nouvel environnement, à découvrir ou intégrer de nouvelles règles ou contraintes, à analyser une situation et la synthétiser pour trouver des solutions.
- Les questionnaires de personnalité : QCM sur nos rapports aux autres, notre capacité d'écoute, notre rigueur, notre capacité à nous affirmer.
- Les tests projectifs : ils appréhendent globalement notre personnalité, sa structure, son organisation. Les plus connus sont le TAT (Thematic Apperception Test représentant des dessins) et le Rorschach (les fameuses taches d’encre à interpréter).

Les tests psychologiques quant à eux mesurent le "quotient émotionnel" (QE) : aspect relationnel, comportement en société, gestion des réactions, des sentiments.
D’autres tests plus techniques basés sur le "quotient intellectuel"(QI)
s’intéressent à notre logique, notre vivacité, notre manière de réfléchir. se décomposent ainsi :- Aptitude verbale - Aptitude numérique - Raisonnement logique - Attention- Mémorisation

Les tests psychotechniques, à quoi ça sert ?

Ces tests sont fréquemment utilisés dans les centres d'orientation, de bilan de compétences, les cabinets de recrutement, les grandes entreprises, pour l'accès à la fonction publique ainsi que pour l'admission à certaines grandes écoles. Il s’agit de mieux cerner le candidat, de définir un projet professionnel  mesurer sa compréhension, son esprit d'analyse et de synthèse, sa réactivité.

jeudi 7 janvier 2016

Améliorer l'estime de soi

L’estime de soi se bâtit en agissant sur différentes dimensions de notre existence. À première vue, certaines de ces dimensions apparaissent plus fondamentales que d’autres. Mais il ne s’agit pas d’un processus linéaire car nous pouvons agir sur différentes composantes de notre vie en obtenant un résultat sur l’estime de soi. Pour cela, il suffit que l’action respecte nos valeurs. Peu importe la nature du défi, l’effet est
équivalent dans la mesure où il s’agit vraiment d’un défi. Cette caractéristique est avantageuse car elle nous permet de consacrer toujours notre énergie aux défis les plus actuels de notre vie pour conserver ou rehausser notre estime.
Nous réapproprier le pouvoir d’être nous-même.
Cette démarche nous permet de devenir une personne en harmonie avec elle-même et consciente de son identité propre. Notre identité, en effet, s’incarne dans notre vécu corporel, les émotions et les besoins qui nous sont propres, les pensées et les opinions qui sont nôtres, les rêves et les aspirations qui nous caractérisent et les valeurs auxquelles nous adhérons.
Respecter qui je suis et m’autoriser à avoir mes émotions et mes besoins.
L’ingrédient crucial de l’estime de soi est sans conteste le respect de soi. La fidélité à soi-même consiste essentiellement à agir conformément à ce qui revêt de l’importance à nos yeux.
Mais nos choix sont toujours sous-tendus par un grand nombre de dimensions qui comptent à nos yeux. Il n’est généralement pas possible de toutes les honorer. C’est en nous référant à notre échelle de valeur que nous pouvons faire des choix qui ont un effet positif sur notre estime.
Le respect de soi a un prix, tout comme le non respect en a un. Ce prix fait partie de l’ensemble que je choisis lorsque je décide de respecter ce qui m’importe. Chaque fois que nous choisissons de nous assumer en acceptant d’en porter les conséquences notre estime s’en trouve rehaussée. Si au contraire nous n’arrivons pas à mettre nos principes en application lorsqu’il nous en coûterait quelque chose, notre estime de nous-même s’en trouve altérée. Et ce, à chaque fois que nous aurions l’occasion de les mettre en application.
Faire de la place au doute
Réfléchir c’est nécessairement accorder de l’importance au doute. L’incertitude devant un énoncé présenté comme une vérité ou devant un fait rapporté est une manifestation saine de l’intelligence.
De cette façon, nous conservons une maîtrise sur ce qui nous influence et sur nos choix qui en découlent. Ce faisant, nous contribuons à élaborer notre concept de soi comme personne à part entière, à l’esprit autonome.
Développer ma confiance au plan intellectuel
Au plan intellectuel comme ailleurs, c’est l’exercice et la persévérance devant les difficultés qui nous permettent de bâtir notre confiance. Ainsi, plus nous faisons l’effort de réfléchir par nous-même, plus nous pouvons constater et croire que nous sommes capable de comprendre, même des situations complexes. Mais plus nous adoptons l’analyse et les opinions de d’autres et plus nous en venons à déprécier notre propre capacité de le faire.
L’école tend à nous dire quoi penser plutôt qu’à nous apprendre à réfléchir. Et les familles sont souvent trop occupées pour faire de la place à l’échange constructif et à une discussion qui met à l’épreuve la réflexion et le jugement. De plus nous sommes envahis par les médias diffusant des tonnes d’informations et d’opinions. Il est tentant de nous en remettre à eux pour former notre opinion.
Si nous choisissons de perfectionner notre personne au plan intellectuel autant que qu’aux plans affectif et physique, il faut nous attendre à déployer des efforts. Comme tout ce qui est valable, l’exploitation de nos ressources intellectuelles est exigeante, comme l’illustre cet exemple.
Exercer mon jugement
La capacité d’évaluer les situations est une autre composante importante de l’intelligence. Cette fonction intellectuelle est continuellement en opération. C’est elle qui nous permet de jauger le danger, de savoir si ce qu’on nous propose nous convient, d’apprécier le beau. Même si nous n’avons pas toujours conscience de le faire, nous analysons continuellement les situations qui nous concernent, puis émettons une opinion sur elles sous la forme d’un jugement.
Dans certains cas, ce dernier implique des conséquences importantes; il nous arrive alors de réserver notre appréciation parce que nous manquons de données ou encore parce que notre analyse est incomplète. Mais dans le feu de la vie quotidienne, nous portons continuellement des jugements: ceci est correct, cela ne l’est pas, je suis d’accord, je n’approuve pas…
Dans certains milieux, le jugement est devenu tabou, au moins lorsqu’il s’applique aux personnes. C’est souvent le cas dans les groupes qui accordent une valeur importante au développement personnel. Pour être accepté, il faut « parler au je » et non parler de l’autre. Dans ce cadre, les critiques négatives (mais non les positives) sont mal vues parce que « nous n’avons pas le droit de juger l’autre » (« Qui sommes-nous pour juger? »). Selon ces normes. l’idéal de vie avec nos semblables reposerait sur une attitude de considération positive inconditionnelle.
S’abstenir de juger est préconisé dans une relation thérapeutique lorsqu’on veut aider le client à s’accepter lui-même. Mais dans une relation non-thérapeutique, la même abstention produit des résultats néfastes. Souvent les jugements inhibés sont exprimés dans une forme moins détectable mais pernicieuse (critiques indirectes par exemple sous forme d’une question pleine de sous-entendus, manipulation, etc.). Dans d’autres cas, l’effort de neutralité sape la vitalité de la relation (relation superficielle, propos complaisants, échanges aseptiques, etc.). Finalement, l’amputation de la faculté de juger ne contribue ni à notre épanouissement, ni à celui de nos relations.
Cette option relationnelle est fondée sur la volonté de faciliter la communication en minimisant les provocations qui entraînent l’interlocuteur à se mettre sur la défensive. Mais il y a de meilleurs moyens de s’exprimer totalement sans attaquer ou tenter de blesser l’autre.
Actualiser mon potentiel
M’autoriser à avoir mes émotions et mes besoins correspond à la conquête du droit à l’existence. Respecter qui je suis m’aide à conquérir une identité distincte. Les deux conquêtes sont des démarches de développement psychique. Elles visent toutes deux à récupérer notre pouvoir d’être ce que nous sommes afin d’être en possession de nous.
Mais d’un autre point de vue cette section n’est pas redondante car l’actualisation du potentiel est une démarche bien différente des conquêtes d’identité. Elle consiste à réaliser le potentiel inscrit dans l’ensemble de notre être. Il s’agit de talents physiques, intellectuels, artistiques, etc… Parfois ceux-ci sont détectés par hasard. Souvent, ils sont révélés par des aspirations ou des désirs. La plupart du temps, le développement du potentiel est vécu comme une nécessité intérieure.
Il est naturel pour les êtres vivants de chercher à se développer. À moins de se trouver dans des conditions trop précaires, la plante grandit, fait des bourgeons, fleurit. Il n’existe pas de plante qui « stagne ». Si sa croissance n’est pas évidente, c’est qu’elle est en mode de repos ou de survie. Dans les deux cas, elle est occupée à prendre soin de sa vie.
Chez l’enfant, le besoin de croissance est également évident. Mais chez lui aussi, si les conditions s’avèrent défavorables il optera pour la protection de ses acquis ou tout simplement pour assurer sa survie.
Chez l’humain comme dans le reste de la nature, la force d’actualisation est toujours active.
Volonté, besoins, rêves, désirs, défis…
Au cours de la vie, la tendance actualisante se manifeste par des besoins, mais aussi par des aspirations. Celles-ci apparaissent sous la forme d’un désir, d’un rêve ou encore d’un défi à relever. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel désir ou rêve; son enjeu principal est le développement d’une capacité. Ici, le plaisir immédiat n’est pas un critère; c’est la satisfaction de grandir qui est surtout recherchée. La plupart du temps, ces besoins d’actualisation se manifestent à travers le caractère impératif du désir, la récurrence du rêve, la puissance du désir ou encore l’urgence d’agir.
La peur est une compagne assidue des besoins d’actualisation. C’est souvent parce que nous la laissons prendre le dessus que nous remettons à plus tard nos défis, nos rêves, nos désirs et même nos volontés fermes. C’est ainsi que nous évitons souvent d’avancer. Nous perdons l’occasion de vivre de nouvelles expériences qui seraient des occasions d’apprendre, de développer des habiletés et d’agrandir notre portée sur notre univers.
La plupart des sujets importants à nos yeux ont tendance à nous faire peur. Pour avancer, nous devons réussir à les confronter, mais cela ne signifie pas qu’on doive les nier. Il faut au contraire en tenir compte en graduant les difficultés et la sélection des défis.
La confrontation des peurs est souvent nécessaire pour développer la confiance en soi. Il nous est plus facile de le faire dans certains domaines que dans d’autres. Lorsqu’il devient important pour nous de gagner de l’expérience et de la confiance dans un domaine, il nous faut passer par le chemin où nous rencontrerons nos peurs. La confiance ainsi gagnée devient alors un sujet de fierté et un moyen de rehausser l’estime de soi. De plus, la compétence acquise est, elle aussi, un sujet de fierté et d’estime de soi.
Soigner mon physique
Nous ne sommes pas indifférents à l’évaluation de notre corps et de notre apparence physique. Qui que nous soyons, nous pouvons toujours faire quelque chose pour être « mieux dans notre peau ». Même la personne la moins dotée du point de vue de la beauté peut apporter des améliorations à sa condition pour ressembler davantage à ce qu’elle souhaite. Parfois c’est une question de nutrition, parfois d’exercice, d’autre fois de chercher à mettre ses atouts particulier en valeur, …
Dans ce domaine comme dans les autres, rien n’est gratuit. Pour ressembler à ce que nous souhaitons, il faut des efforts et de la persévérance. La personne qui s’estime cherche à paraître le plus possible à son avantage. Celle dont l’estime est faible n’a pas la poussée intérieure pour amorcer les changements qu’elle souhaite. Mais si elle fait l’effort de se mettre en branle sur ce plan, son estime augmentera à coup sûr. Le simple fait de décider vraiment de le faire peut déjà avoir un effet bénéfique sur notre estime. Le cercle peut donc prendre une allure heureuse ou vicieuse, selon notre choix.
Les attitudes propices
Enfin certaines attitudes sont propices à faire des gains dans l’estime de soi. Aucune d’elle n’est innée. L’attrait pour le risque et la persévérance peuvent avoir un lien avec le caractère mais ils doivent être encouragés pour persister. L’éducation de même que les résultats qui en découlent jouent donc un rôle important dans l’acquisition de ces attitudes. Voyons brièvement quel est le rôle de chacune.
La persévérance
La persévérance consiste à persister dans une activité afin d’atteindre le résultat recherché. Il faut la distinguer de l’entêtement, qui est parfois une qualité, mais peut conduire à
l’échec. C’est le cas lorsqu’il ne permet pas de réévaluer les stratégies qui mènent à l’échec et lorsqu’il équivaut à une persévération « dans l’erreur ». La persévérance est plutôt synonyme de persistance dans l’effort, l’attitude qui permet de ne pas se décourager, malgré les obstacles.
La persévérance englobe un fort désir de réussir. Les obstacles y sont souvent considérés comme des défis à relever grâce à l’astuce et à la ténacité. Lorsqu’une telle attitude conduit à une réussite il nous est facile d’avoir la certitude que le succès vient de nos efforts; notre estime augmente automatiquement.
Le droit à l’erreur
Par ailleurs, il est impossible de repousser nos limites si nous n’avons pas droit à l’erreur car ces conquêtes sont impossibles sans expérimenter dans des terrains inconnus. Par définition, l’expérimentation donne à la fois des résultats positifs et négatifs. Si nous ne pouvons supporter l’échec, nous sommes condamnés à éviter souvent d’expérimenter la nouveauté.
L’éducation peut contribuer à ce que l’enfant soit stimulé par la recherche et la découverte plutôt que motivé par la nécessité de trouver les « bonnes réponses ». Désir d’exploration rime avec jeunesse. Les adultes ont le pouvoir de tuer dans l’oeuf ce désir, mais ils peuvent aussi l’encourager. Devenu adulte, le besoin de réussir à tout prix et la peur de l’erreur peuvent devenir si durs que l’immobilisme nous guette. Dans d’autres cas, la dépense d’énergie pour éviter l’erreur, pour la camoufler ou pour éviter de l’assumer est si importante qu’elle nous consume.
La capacité de risquer
L’estime se bâtit en relevant des défis, qu’il s’agisse de nous respecter ou de nous lancer dans des entreprises exigeantes. Dans tous ces cas le risque est présent: celui de déplaire, de perdre la face, d’être rejeté, d’échouer, etc. Si la sécurité et le confort sont si importants à nos yeux que nous ne pouvons nous résoudre à les perdre, nous limitons énormément nos possibilités d’enrichir notre estime.
La capacité de risquer se développe. Bien entendu, plus le travail commence tôt et plus il est facile. Dans ce cas, les parents doivent renoncer à la surprotection qui les rassure eux-mêmes. Ils doivent fournir des conditions où les expérimentations peuvent avoir lieu et faire confiance à l’enfant. Il leur faut aussi encourager le goût de l’enfant pour les essais et la recherche plutôt que de mettre de l’avant leurs peurs et les obstacles. Quant à l’adulte qui souhaite devenir plus aventureux, il trouve des centaines d’occasions à sa portée. Il s’agit pour lui de s’entraîner à prendre des risques au jour le jour.
Conclusion
Avoir une bonne estime de soi peut  apparaître comme une tâche insurmontable. Mais elle ne l’est pas puisque nous pouvons nous y attaquer par un grand nombre de portes. Il suffit de relever un défi, de nous respecter, de vivre suivant nos valeurs, pour la conserver ou la rehausser. En somme, nous agissons continuellement sur cette importante dimension de la qualité de notre existence. Par nos choix et nos actes, nous avons toujours le pouvoir de l’améliorer ou de la détériorer

dimanche 3 janvier 2016

ESTIME DE SOI

L’estime de soi est un concept psychologique qui renvoie au jugement global positif ou négatif qu’une personne a d’elle-même.
L’estime que l’on va avoir de soi dépendra de beaucoup de paramètres. L’environnent, l’éducation, la personnalité, les capacités physiques et intellectuelles, etc… sont autant de variables qui vont influencer le jugement que nous portons sur nous-même. L’estime de soi se construit durant l’enfance et évoluera au cours de la vie avec les expériences de réussite et d’échec.
Une faible estime de soi pourra entraîner un mal-être et des difficultés dans les relations avec les autres personnes. Elle sera également un facteur de risque pour le développement de troubles psychologiques. Les personnes qui ont une faible estime d’elles-mêmes ne se trouvent jamais assez bien,  jamais à la hauteur et en souffrent terriblement.
Au contraire, une estime de soi très haute pourra amener la personne à avoir des comportements et des attitudes souvent mal perçus par les autres qui verront souvent en elle une personne hautaine et un peu trop sûre d’elle. Une estime de soi très haute peut conduire la personne à avoir des conduites à risque se pensant à l’abri de tout.
Enfin, une « bonne » estime de soi correspondrait à une estime de soi satisfaisante, ni trop faible ni trop élevée, ce qui favorise l’épanouissement relationnel et le bien être personnel.
Depuis quelques temps les chercheurs et les médias s’intéressent de près à l’estime de soi et de nombreuses actions de santé s’organisent pour développer une « bonne estime de soi ». Cette démarche permettrait aux enfants et aux personnes de s’épanouir dans de nombreux domaines et leur éviterait de développer des troubles tels que la dépression et certains troubles anxieux .
Ce jugement est à la fois subjectif et objectif. Il est influencé par les expériences, les capacités (physiques, intellectuelles) et le tempérament général optimiste ou pessimiste de la personne.
L’estime de soi est l’ensemble des jugements (être capable, important, digne, etc…) que la personne a d’elle-même dans différents domaines (travail, scolaire, apparence physique, etc…).
L’estime de soi dépendrait non seulement de la perception que les individus ont de leurs réussites et de leurs échecs mais également de leurs objectifs de réussite. Lorsqu’une personne dépasse ou atteint les objectifs qu’elle s’est fixée, par exemple la réussite d’un examen après avoir beaucoup travaillé, son estime d’elle-même serait renforcée.
Au contraire, lorsque les ambitions fixées dépassent les capacités, comme par exemple courir un marathon en étant peu entraîné(e), l’échec sera souvent effectif et pourra conduire la personne à s’estimer négativement, si elle attachait beaucoup d’importance à la réussite.
C’est en connaissant bien ses capacités et en fixant des objectifs réalisables que nous mettons toutes les chances de réussite de notre côté. .
Il est souvent difficile de bien connaître ses capacités réelles. La vision que nous avons d’elles est fortement influencée par le jugement d’autrui et par nos sentiments. Des personnes auront toujours tendance à se surévaluer ou au contraire se sous-estimer.
Les pédagogues et les psychologues scolaires s’intéressent beaucoup à l’estime de soi des enfants. Avec la maison, l’école est le deuxième lieu important où se met en place l’estime de soi des enfants.
L’estime de soi, qu’a l’enfant au départ, dépendra beaucoup de la qualité de la relation qu’il entretient avec ses parents et l’école (institutrice et camarades). Le style éducatif 1 (libéral, permissif ou autoritaire) encouragera ou non l’acceptation de soi et la confiance en soi de l’enfant. Enfin, le discours que les adultes porteront sur les capacités de l’enfant est également important. Permettre à l’enfant de connaître ses forces et ses faiblesses et à les accepter est important pour qu’ils développent une bonne estime d’eux-mêmes.
Avec le temps, l’enfant se confronte à de nouvelles expériences et se détache de l’image de lui que les adultes (parents, enseignants) lui renvoient. Il s’autonomise petit à petit, pense et émet des jugements sur lui-même même. La vision et le jugement des autres sera toujours un facteur d’influence mais dans une proportion moindre.
A l’âge adulte, les bases de l’estime de soi sont déjà en place et les expériences surtout professionnelles et familiales continueront de nourrir l’estime que l’on se porte.
Une personne qui a une mauvaise estime d’elle-même pourra :
  • se faire constamment des reproches intérieurs ;
  • se sentir incapable d’accomplir des choses (projet professionnel…) ;
  • se sentir inférieur(e) aux autres ;
  • se déprécier sans même s’en rendre compte ;
  • avoir des difficultés à régler les problèmes ;
  • s’évaluer d’après ses échecs et les critiques des autres personnes.
Un enfant qui a une faible estime de lui va souvent développer des troubles du comportement, il pourra :
  • avoir du mal à se faire des amis ;
  • être facilement frustré ;
  • se culpabiliser ;
  • se dévaloriser ;
  • être impulsif ;
  • développer une timidité excessive ;
  • faire des crises pour attirer l’attention ;
  • se rendre malade avant des contrôles ou des examens.
Dans les études, on retrouve plusieurs troubles associés à une faible estime de soi. La dépression2 est l’une des principales maladies fortement liée à un trouble de l’estime de soi. Les personnes anxieuses3 présenteraient également une plus faible estime d’elle-même que les personnes ne souffrant pas d’anxiété. De même, les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie et l’anorexie, auraient une estime d’elle faible et basée en grande partie sur l’apparence physique. Enfin, lorsqu’on interroge les personnes souffrant d’addictions (alcool, drogue, etc…), on constate qu’elles ont une image très négative d’elles-mêmes.
De nombreuses échelles et questionnaires sont utilisés par les professionnels de santé (psychiatre, psychologue, psychologue scolaire, etc…) afin de sonder l’estime de soi des personnes. Ces outils varient quant à leur conception (modèle théorique utilisé), leur forme (questionnaire, inventaire, etc…).
Quelques principes assez simples à mettre en place peuvent favoriser le développement d’une bonne estime de soi chez l’enfant. Ces lignes de conduite ont pour but d’encourager l’enfant à avoir confiance en lui tout en lui permettant de développer ses talents.
Grâce à des règles éducatives (claires, réalistes, peu nombreuses) qui lui permettent d’évoluer dans un environnement sécurisant, l’enfant sera encouragé à émettre son avis tout en se référant au cadre éducatif défini par ses parents. Il est important de lui apprendre très tôt que si les règles ne sont pas respectées, il y a aura des conséquences :
  • Lui permettre d’émettre son avis et de faire des choix (par exemple : entres 2 activités extrascolaires) afin de lui permettre d’acquérir assurance, confiance et sens des responsabilités.
  • Il est important d’agir de façon à ce que l’enfant ait une vision positive mais tout de même réaliste de lui-même (par exemple : souligner ses forces et évoquer ses difficultés en ménageant sa fierté et en lui donnant les moyens de s’améliorer).
  • L’aider à exprimer ses émotions et sentiments et ne pas hésiter à susciter sa motivation pour les tâches scolaires et de loisirs. Il est important de l’amener à aller au bout de ses projets en respectant son rythme.
  • Enfin, l’encourager à aller à la rencontre des autres enfants et l’aider à trouver sa place dans le groupe de ses pairs en gérant en partie lui-même les conflits.
Les thérapies cognitivo-comportementales sont largement utilisées pour accompagner les personnes qui souffrent d’un trouble de l’estime de soi. A l’aide d’exercices pratiques et de jeux de rôle, le thérapeute va amener la personne à mieux se connaître, à accepter ses forces et ses faiblesses et à s’affirmer en supportant mieux les situations d’échec. Un travail sur les pensées et les émotions négatives que le sujet porte à son égard va être à la base de cette thérapie.

Livres pour enfant

Dominique de Saint Mars, Serge Bloch. Max se trouve nul. Calligram, Ainsi va la vie, 2007
Anne Cortey, Guillaume Reynard. Je ne suis pas un ver de terre, Autrement Jeunesse, 2008
Jérôme Ruillier. Trop petit, Casterman, 1998
Chloé Remiat, Patrice Eon. Marre de mes complexes ! Milan Jeunesse, 2008

Livres pour parents

Duclos, Germain. Que savoir sur l’estime de soi de mon enfant ? Hôpital Sainte-Justine, Questions/réponses pour les parents, 2008.
Duclos, Germain et Duclos, Martin. L’estime de soi un passeport pour la vie. Hôpital Sainte Justine, 2004.
Bacus, Anne. Mon enfant a confiance en lui, Marabout, 2003
Laporte, Danièle et Sévigny, Lise. Comment développer l’estime de soi de nos enfants « Guide pratique à l’intention des parents d’enfants de 6 à 12 ans ». Hôpital Sainte-Justine, 1998

Livres pour adultes

Christophe André, François Lelord. L’estime de soi, S’aimer pour mieux vivre avec les autres, Odile Jacob, 2008

vendredi 10 juillet 2015

La femme de la semaine Céline Rivière, neuropsychologue et auteure de " La câlinothérapie " aux Editions Michalon


Les câlins c'est bon pour le moral...mais aussi pour la santé. 

Ils nous aident à lutter contre les hormones très toxiques du stress. 

Quand on est bienveillant envers soi-même et envers les autres on résiste mieux aux maladies.


Céline Rivière 

Céline Rivière s'appuie dans ce livre sur les plus récentes découvertes médicales et scientifiques pour étayer sa thèse: prendre le temps de faire un câlin, veiller à s'accorder des moments de pause
et de bien être améliore notre résistance au stress et aux maladies.

lundi 6 juillet 2015

Êtes-vous « burn out » ou « bore out » ?

Ces semaines, il a occupé certains titres de journaux et de rédactions web. Il est au centre même des considérations politiques jusqu’à être retiré de la liste des maladies professionnelles par le Sénat, ce mercredi 24 juin. Pourquoi le burn out  fait-il autant parler ? Est-il devenu l’apanage banalisé et commun des professions ou est-ce un ras-bol général ? Et surtout pourquoi le bore out, phénomène miroir, est-il méprisé ?
Dans une société où l’on nous pousse à être toujours plus rentables, toujours plus présents et toujours plus volubiles, la surperformance et le dépassement de soi deviennent alors les normes.
Pour ne pas dévier de cette norme et de cet idéal professionnel, certains se réfugient dans les heures supplémentaires, d’autres dans le silence. On s’épuise psychologiquement. On s’épuise physiquement. La dépression pointe le bout de son nez. Oui, il faut des normes. Oui, l’idéal professionnel existe. Mais à force de les confondre, les seuls fruits du dur labeur résultent au burn out pour certains, au bore out pour d’autres. Mourir de stress ou souffrir de ne rien faire, est-ce le choix cornélien des travailleurs ? Non, le cercle infernal plutôt.
Nettement moins sous les projecteurs que son cousin, le bore out traduit également une autre réalité du travail. Comment peut-on arriver à s’ennuyer dans sa vie professionnelle lorsque le chômage inquiète de plus en plus et que rechercher un CDI revient à chercher une licorne dans le désert du Sahara ? Les raisons sont aussi simples que multiples : la routine, une hiérarchie pesante et excluante, être arrivé(e) à son poste par défaut, être surqualifié. Le pire ennemi de ces « bored out » : le temps.

Le bore out : à la recherche du temps perdu

Les personnes interrogées sur leur bore out délivrent souvent les mêmes récits : lire les mails, répondre aux mails, répéter les tâches indéfiniment, se prendre un café, déjeuner, reprendre ses mails, se sentir inutile et rebelote…jusqu’à l’heure de la délivrance. En 2005, une étude menée aux États Unis sur 10.000 actifs révélait qu’un salarié passait en moyenne deux heures par jour sur des tâches sans rapport avec sa fonction; un tiers d’entre eux évoque comme explication l’absence de tâches attribuées.
Si cette frustration n’a rien d’exceptionnel à en croire l’exténuant proverbe « il y a des jours avec et des jours sans mais les jours sans, il faut faire avec », pourquoi nous affecte-t-elle autant ? La surperformance encore et toujours. On se surprend à désirer plus, à épater ses collègues, à s’épater soi-même, à atteindre un idéal. Mais l’idéal n’est-il pas fait pour rester inatteignable ? Dur retour à la réalité. Il faut alors accepter d’abaisser nos exigences et parfois renoncer aux objectifs zélés. L’autre solution : la démission, mais pour quel horizon ?
Comme le soulignait un article publié dans l’International Journal of Epidemiology d’Oxford en 2010, l’expression « s’ennuyer à mourir » n’a rien de gratuit. Les auteurs montrent alors que l’ennui cède la place à une souffrance qui amène alors à des pathologies mentales et physiques. Résultat des non-courses : les las ont trois fois plus de chance que les autres de développer des maladies cardiovasculaires. La retraite fantasmée n’est alors plus celle que l’on attendait. Pour endiguer cette situation, les prescripteurs ont érigé un poste qui signifie tant et peu de choses à la fois : le manager.

Le manager, ce super-héros ?

Super Manager se doit d’être à l’écoute de son équipe, repérer les faiblesses et les forces de chaque membre. Si la frustration se fait sentir, on opte pour une réévaluation du poste, si les relations ne sont pas au beau fixe, on envisage l’option de la mobilité interne. Le maître-mot : la prévention. Pourtant, le bore-out est méprisé et n’est pas reconnu à juste titre comme une réalité professionnel. Pourquoi ? Parce que le bore-out syndrom une maladie honteuse. Honteuse car complexe à délimiter. Dans un article publié en 2011 dans La Revue internationale de psychologie et de gestion des comportements organisationnels, les professeurs Christian Bourion et Stéphane Trebucq assurent que « (Notre système) récompense la servilité plus que l’efficacité ». On s’ennuie parce qu’on est paresseux et non malheureux voilà tout. Oui mais non.
Au final, le coupable c’est le système. Pas vous.

mardi 23 juin 2015

Le burn-out, une souffrance de moins en moins invisible au travail





  RH / Management   Par LEXPRESS.fr , publié le 23/06/2015 

Les cas de souffrance au travail se repèrent plus aisément dans le monde du travail, estiment des chercheurs de l'Institut national de veille sanitaire.
Reuters/Andrew Winning

Une étude publiée ce mardi 23 juin relève que les souffrances psychiques se détectent plus facilement dans le milieu professionnel. Principal motif avancé: la libération de la parole.

Le burn-out n'est plus vraiment un mal invisible et caché. C'est en tout cas ce que montrent les résultats d'un travail mené par l'Institut national de veille sanitaire (INVS) et publié mardi 23 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Le nombre de cas de "souffrance psychique au travail", comptés par les médecins du travail est en hausse. Notamment chez les femmes.
Ainsi, le taux de prévalence (à savoir la proportion d'une population atteinte par les troubles en question) est passé chez les hommes salariés de 1,1% en 2007 à 1,4% en 2012. Pour les femmes, il est passé de 2,3% en 2007 à 3,1% en 2012, soit à un niveau "deux fois plus élevé que chez les hommes", observe l'étude qui n'apporte pas d'explication sur cette différence hommes/femmes.

Libération de la parole

En revanche, les épidémiologistes de l'INVS auteurs de l'étude avancent quelques pistes pour expliquer la hausse du nombre de cas de burn-out. Une "plus grande couverture médiatique des pathologies liées au travail", peut ainsi expliquer ce phénomène ainsi qu'une "libération de la parole auprès des médecins du travail" et une plus grande sensibilisation de ces derniers sur ces troubles.
Mais les chercheurs estiment aussi que le phénomène "peut être mis en parallèle avec la détérioration des conditions de travail constatée ces dernières années", notamment celles liées à l'organisation du travail et au durcissement des relations à la fois entre collègues et avec la hiérarchie.
Les "épisodes dépressifs légers" et les "troubles anxieux et dépressifs mixtes" - à savoir un mélange de plusieurs symptômes anxieux et dépressifs - sont statistiquement les troubles psychiques liés au travail les plus souvent rapportés chez les salariés.

Les plus de 45 ans et les cadres plus exposés

Le nombre de personnes souffrant de burn-out, à savoir d'épuisement physique et psychologique à cause du travail, a progressé régulièrement tout au long de la période étudiée mais ce trouble reste nettement moins courant que les dépressions légères et les troubles anxieux.
L'ensemble de ces symptômes touchent statistiquement plus fréquemment les salariés plus âgés: la probabilité d'en souffrir est "sept fois plus élevée pour les hommes de 45 à 54 ans par rapport au moins de 25 ans", note l'étude.
"Cette probabilité augmente également avec la catégorie sociale", à savoir la souffrance psychique est plus courante parmi les cadres que chez les ouvriers, relèvent encore les chercheurs de l'INVS.  

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vendredi 22 mai 2015

Phobie 1

Le terme « phobie » renvoie à un vaste ensemble de troubles psychologiques, comme l’agoraphobie, la claustrophobie, la phobie sociale, etc. Une phobie est caractérisée par la peur irrationnelle d’une situation particulière, comme la peur de prendre l’ascenseur, ou d’un objet spécifique, comme la peur des araignées. Mais la phobie se situe au-delà d’une simple peur : c’est une véritable angoisse qui s’empare des personnes qui y sont confrontées. La personne phobique est tout à fait consciente de sa peur. Par conséquent, elle tente d’éviter, par tous les moyens, la situation ou l’objet redouté.
Au quotidien, souffrir d’une phobie peut être plus ou moins handicapant. S’il s’agit d’une ophidiophobie, c’est-à-dire d’une phobie des serpents, la personne n’aura, par exemple, pas de difficultés à éviter l’animal en question.
D’autres phobies s’avèrent en revanche difficiles à contourner au quotidien, comme la peur de la foule ou la peur de conduire. Dans ce cas, la personne phobique tente, mais souvent en vain, de surmonter l’angoisse que lui procure cette situation. L’anxiété qui accompagne la phobie peut alors évoluer en crise d’angoisse et épuiser rapidement la personne phobique, physiquement et psychologiquement. Elle a tendance à s’isoler petit à petit pour se tenir à l’écart de ces situations problématiques. Cet évitement peut alors avoir des répercussions plus ou moins importantes sur la vie professionnelle et/ou sociale des personnes qui souffrent de phobie.
Il existe différents types de phobies. Dans les classifications, on trouve d’abord les phobies simples et les phobies complexes, dans lesquelles figurent principalement l’agoraphobie et la phobie sociale.

Parmi les phobies simples, on trouve :

  • Les phobies de type animal qui correspondent à une peur induite par les animaux ou les insectes ;
  • Les phobies de type « environnement naturel » qui correspondent à une peur provoquée par les éléments naturels tels que les orages, les hauteurs ou l’eau ;
  • Les phobies du sang, des injections ou des blessures qui correspondent aux peurs reliées à des procédures médicales ;
  • Les phobies de type situationnel qui concernent les peurs induites par une situation spécifique comme prendre les transports en commun, les tunnels, les ponts, les voyages aériens, les ascenseurs, le fait de conduire ou les endroits clos.

Prévalence

Selon certaines sources, en France 1 personne sur 10 souffrirait de phobie10. Les femmes seraient davantage touchées (2 femmes pour 1 homme). Enfin, certaines phobies sont plus fréquentes que d’autres et certaines peuvent toucher davantage les plus jeunes ou les personnes âgées.
Phobies les plus courantes
Phobie des araignées (arachnophobie)
Phobie des situations sociales (phobie sociale)
Phobie des voyages en avion (aérodromophobie)
Phobie des espaces ouverts (agoraphobie)
Phobie des espaces clos (claustrophobie)
Phobie des hauteurs (acrophobie)
Phobie de l’eau (aquaphobie)
Phobie du cancer (cancérophobie)
Phobie de l’orage, des tempêtes (cheimophobie)
Phobie de la mort (nécrophobie)
Phobie de faire un malaise cardiaque (cardiophobie)
Phobies peu fréquentes
Phobie des fruits (carpophobie)
Phobie des chats (ailourophobie)
Phobie des chiens (cynophobie)
Phobie de la contamination par les microbes (mysophobie)
Phobie de l’accouchement (tokophobie)
D’après une étude menée sur un échantillon de 1000 personnes, âgées de 18 à 70 ans, les chercheurs ont montré que les femmes étaient plus touchées par la phobie des animaux que les hommes. D’après cette même étude, les phobies des objets inanimés concerneraient plutôt les personnes âgées. Enfin, la peur des injections semble diminuer avec l’âge1.

Les peurs « normales » durant l’enfance

Chez l’enfant, certaines peurs sont fréquentes et s’inscrivent dans le développement normal de celui-ci. Parmi les peurs les plus fréquentes, on peut citer : la peur de la séparation, la peur du noir, la peur des monstres, la peur des petits animaux, etc…
Souvent, ces peurs apparaissent et disparaissent avec l’âge sans interférer dans le bien-être global de l’enfant. Toutefois, si certaines peurs s’installent dans le temps et qu’elles ont des répercussions notables sur le comportement et le bien-être de l’enfant, il ne faut pas hésiter à consulter un pédiatre.

Diagnostic

Pour poser le diagnostic de phobie, il faut s’assurer que la personne présente une peur persistante de certaines situations ou de certains objets.
La personne phobique est terrifiée à l’idée d’être confrontée à la situation ou à l’objet redouté. Cette peur peut rapidement devenir une angoisse permanente pouvant parfois évoluer en attaque de panique. Cette anxiété incite la personne phobique à contourner les situations ou les objets qui suscitent chez elle de la peur, par des conduites d’évitement et/ou de réassurance (éviter un objet ou demander à une personne d’être présente dans le but d’être rassuré).
Pour poser le diagnostic de phobie, le professionnel de la santé peut se référer aux critères de diagnostic de la phobie figurant dans le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders – 4ème édition) ou la CIM-10 (Classification Statistique Internationale des maladies et des problèmes de santé connexes – 10ème révision). Il peut mener un entretien clinique précis afin de rechercher les signes de manifestation d’une phobie.
De nombreuses échelles telles que l’échelle de peurs (FSS III) ou encore le questionnaire des peurs de Marks et Mattews, sont à la disposition des médecins et des psychologues. Ils peuvent les utiliser afin de valider objectivement leur diagnostic et d’évaluer l’intensité de la phobie ainsi que les répercussions de celle-ci peut avoir dans le quotidien du patient.

Causes

La phobie est bien plus qu’une peur, c’est un véritable trouble anxieux. Certaines phobies se développent plus facilement pendant l’enfance, comme l’angoisse d’être séparé de la mère (angoisse de séparation), alors que d’autres surviennent plutôt à l’adolescence ou à l’âge adulte. Il faut savoir qu’un événement traumatisant ou un stress très intense peuvent être à l’origine de l’apparition d’une phobie..
Les phobies simples se développent bien souvent durant l’enfance. Les symptômes classiques peuvent débuter entre 4 et 8 ans. La plupart du temps, ils font suite à un événement vécu par l’enfant comme désagréable et stressant. Parmi ces événements figurent par exemple, une visite médicale, une vaccination ou une prise de sang. Les enfants ayant été pris au piège dans un espace fermé et sombre suite à un accident risqueraient eux de développer par la suite une phobie des espaces clos, appelée claustrophobie. Il est également possible que les enfants développent une phobie « par apprentissage2 » s’ils sont au contact d’autres personnes phobiques dans leur environnement familial. Par exemple, au contact d’un membre de la famille ayant peur des souris, l’enfant peut développer lui-aussi une peur des souris. En effet, il aura intégré l’idée qu’il faut en avoir peur.
L’origine des phobies complexes sont plus difficiles à identifier. De nombreux facteurs (neurobiologiques, génétiques, psychologiques ou environnementaux) semblent jouer un rôle dans leur apparition.
Certaines études ont montré que le cerveau humain serait en quelque sorte « préprogrammé » pour ressentir certaines peurs (serpents, obscurité, vide, etc…). Il semblerait que certaines peurs fassent parties de notre patrimoine génétique et c’est certainement elles qui nous ont permis de survivre dans l’environnement hostile (animaux sauvages, éléments naturels, etc) dans lequel évoluaient nos ancêtres.

Troubles associés

Les personnes souffrant d’une phobie présentent souvent d’autres troubles psychologiques associés tels que :
  • un trouble anxieux, comme un trouble panique ou une autre phobie.
  • une dépression.
  • une consommation excessive de substances ayant des propriétés anxiolytiques comme l’alcool3.

Complications

Souffrir d’une phobie peut devenir un véritable handicap pour la personne qui en est atteinte. Ce trouble peut avoir des répercussions sur la vie affective, sociale et professionnelle des personnes phobiques. En tentant de lutter contre l’anxiété qui accompagne la phobie, certaines personnes peuvent avoir recours, de manière abusive, à certaines substances ayant des propriétés anxiolytiques telles que l’alcool et les psychotropes. Il est également possible que cette anxiété évolue en crises d’angoisses ou en trouble d’anxiété généralisé. Dans les cas les plus dramatiques, la phobie peut aussi conduire certaines personnes au suicide.

Phobie 2

Prévention

La prévention passe avant tout par la prise en charge précoce de ce trouble. Si vous souffrez d’une peur et que celle-ci impacte votre qualité de vie et vous empêche de faire certaines choses, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Traitements médicaux

La plupart du temps, la prise en charge d’une phobie se fait en milieu ambulatoire avec une prise en charge psychothérapique et des traitements médicamenteux. Cet accompagnement permet de diminuer les symptômes et la morbidité (= survenue d’autres troubles) et améliore également le fonctionnement psychologique et social de la personne phobique. Dans certains cas, et notamment lorsqu’une décompensation thymique (Trouble d’anxiété généralisée, dépression, etc…) grave est associée, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire.
La prise en charge des phobies relève des compétences du médecin traitant mais aussi du psychiatre, du pédopsychiatre ou du psychologue. Le médecin du travail et le médecin scolaire peuvent également faire partie du cercle de professionnels qu’il est important d’informer et de solliciter lors de cette prise en charge. Enfin, les services médicaux-sociaux et éducatifs sont des structures qui peuvent également apporter de l’aide à la personne phobique.

Thérapies

  • Les TCC
Les thérapies cognitivo-comportementales ont montré leur efficacité dans le traitement de certaines phobies à raison de 12 à 25 séances de 45 minutes environ. Le thérapeute aide la personne phobique à affronter sa peur en l’exposant progressivement à l’objet ou à la situation redoutée. Cette exposition est mise en place via la visualisation ou l’imagerie mentale.
Grâce à la relaxation et au travail effectué en parallèle sur les pensées et les émotions ressenties par la personne phobique, le thérapeute établit une liste d’objectifs à atteindre tout au long de la thérapie. L’objectif final est que le patient arrive à affronter ses plus grosses peurs sans anxiété grâce à une désensibilisation progressive. Afin d’obtenir de meilleurs résultats, il est possible de combiner ce type de thérapie avec une prise en charge médicamenteuse adaptée (voir la partie « médicaments »)
  • EMDR
L’EMDR, ou l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires, est un outil thérapeutique qui a vu le jour à la fin des années 1980. Développé à l’origine pour traiter les personnes souffrant de Troubles de Stress Post-traumatique (TSPT), il semble avoir un bon taux de réussite dans le traitement des phobies simples5.
Dans ce cadre, le thérapeute demande à son patient de penser à une situation qui lui pose problème en même temps qu’il lui demande de fixer un objet en mouvement. Les saccades oculaires rapides induites par le mouvement de balancier contrôler par le thérapeute stimuleraient le passage d’informations problèmes dans de nouvelles zones cérébrales.
  • Psychothérapie d’Inspiration Analytique
La personne phobique est amenée à se questionner, entre autres, sur les conflits psychiques à l’origine de sa phobie6.  Là où les psychothérapies cognitives et comportementales s’attachent à faire disparaître le symptôme, la thérapie analytique accompagne le patient dans la découverte du sens de ce symptôme, dans son histoire personnelle et familiale.
  • Médicaments
Les antidépresseurs font partie de l’arsenal thérapeutique à la disposition des médecins pour accompagner les patients phobiques dans l’amélioration de leur trouble. Même s’il n’y a pas de dépression associée à la phobie, les antidépresseurs sont préconisés car leur action est bien plus étendue qu’elle n’y paraît.
Les antidépresseurs agissant sur la recapture de la sérotonine (ISRS) sont couramment utilisés dans le traitement des phobies. Ces médicaments agissent en augmentant la quantité de sérotonine (neurotransmetteur) présente dans le cerveau. Parmi les plus fréquemment utilisés dans le traitement de la phobie, on peut citer : le citalopram (Celexa®), l’escitalopram (Lexapro®), la fluoxétine (Prozac®), la paroxétine (Paxil®) et la sertraline (Zoloft®).
Si l’anxiété qui accompagne la phobie est importante, des anxiolytiques comme les benzodiazépines (Xanax®) peuvent être prescrits sur une période courte afin d’éviter une dépendance.
Enfin, les bêtabloquants peuvent aussi être prescrits dans le traitement des phobies. Ce sont des médicaments tels que le Propranolol® qui sont utilisés pour traiter l’hypertension artérielle. Ces médicaments réduisent entres autres la fréquence cardiaque et permettent de soulager les symptômes gênants comme les palpitations.

mardi 12 mai 2015

Qui est-on?

De l’importance pour l’enfant de savoir qui il est
Quel que soit l’âge auquel l’enfant est repéré, il est alors nécessaire de lui faire passer un bilan auprès d’un psychologue habilité. Il permet à l’enfant et à ses parents de mieux comprendre les difficultés qu’ils peuvent rencontrer et d’envisager, si nécessaire, une aide efficace et adaptée. En aucun cas, ce bilan n’a pour but d’étiqueter l’enfant et de l’enfermer dans un profil. Outre les problèmes, il met aussi en lumière les ressources et les compétences de l’enfant. C’est sur elles qu’il pourra s’appuyer pour avancer, mais aussi, dans certains cas, pour retrouver l’estime de soi, parfois anéantie par des années d’échec scolaire.
Le bilan psychologique peut être réalisé en seulement quelques heures. Il se compose de tests d’intelligence (avec évaluation du QI) et de tests cognitifs (bilan de personnalité). Une fois le diagnostic posé et suivant les difficultés rencontrées, le psychologue pourra proposer des pistes de travail : rebooster l’image de soi, travailler sur les implicites de l’école, trouver une solution aux troubles connexes (dyslexie, hyperactivité…). Il pourra aussi proposer un suivi psychologique et, si besoin, rediriger la famille vers un psychiatre ou un neurologue.
Avec le soutien et l’aide nécessaires, de nombreux enfants apprennent à vivre avec leur difficulté et à en faire une richesse. Ceux qui s’en sortent le mieux témoignent généralement d’avoir pu s’appuyer sur trois éléments essentiels : un milieu affectif stable (un entourage familial concerné), des rencontres qui ont fait la différence (sur le plan médical mais pas seulement) et le sentiment d’avoir été compris et pris en considération (d’où l’importance d’un dépistage précoce).

Choisir son psy

Le premier entretien est une évaluation. Le psy tente de comprendre les grandes lignes de votre problème pour poser des indications thérapeutiques : psychanalyse, thérapie comportementale, familiale… De votre côté, vous devez aussi lui poser des questions. Vérifiez ses compétences : sa formation, à quelle école il appartient, etc. Faites-vous exposer les modalités de la cure : tarif, fréquence, cadre (face à face, divan, exercices). Il doit pouvoir expliquer sa démarche honnêtement. Gardez votre sens critique en éveil, mais méfiez-vous de vos projections : les reproches que vous lui adressez sont peut-être les signes d’une résistance à vous engager dans une thérapie. Et si vous ne le “sentez” pas lors de ce premier entretien, n’hésitez pas à en consulter un autre.
Méfiez-vous des psys qui vous entraînent dans une relation de dépendance : le but d’une thérapie est de vous conduire à plus d’autonomie dans la gestion de votre souffrance. Pour savoir si votre psy vous convient, fiez-vous à ce que vous ressentez. La sympathie que vous éprouvez pour lui est un critère important, mais pas suffisant. On peut avoir de la sympathie pour des charlatans. Vous devez avoir le sentiment que votre psy vous écoute vraiment et que vous progressez. Attention à ceux qui vous font croire aux miracles. Les psys ne peuvent garantir ni le résultat de la cure ni sa durée, qui dépendent en grande partie de votre engagement, de votre motivation et de votre difficulté, sauf pour les thérapies centrées sur un symptôme spécifique – phobie, obsession. Fuyez les psys qui sortent de leur cadre professionnel – par une invitation à dîner par exemple – ou qui enfreignent le code de déontologie : secret professionnel, respect de votre anonymat, de votre intégrité physique et sexuelle…

Cerveau, chimie et psychologie

«Reprenons le pouvoir sur notre cerveau afin d’optimiser notre santé et celle de nos proches», c’est l’invitation de Frédérique Virol , psychologue tarnaise, titulaire d’un DUI de neuropsychologie qui signe aujourd’hui un livre intitulé «Cerveau, chimie et psychologie» (aux éditions Grancher.)
«Anxiété, troubles du sommeil, de la mémoire, fatigue, stress, burn out, mal être»… sont les maux qui appartiennent à son quotidien au cœur de ses consultations où, elle privilégie les mots et thérapies pour réponses en s’appuyant sur des recommandations de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament destinées aux médecins qui préconise de : «Ne prescrire un somnifère, un anxiolytique qu’après échec des méthodes non médicamenteuses ou psychologiques, cognitivo-comportementales». Frédérique «appelle à la vigilance contre les effets indésirables des médicaments», encourage «à opter pour des alternatives à ces derniers ou à remobiliser (entre autres) notre dopamine naturelle». Frédérique aborde le fonctionnement du cerveau de manière simple, afin de comprendre comment «la chimie se mobilise», selon les aléas de la vie. Elle évoque encore l’importance de l’alimentation, rappelant au passage la phrase d’Hippocrate : «Que ta nourriture soit ton seul médicament», sans glisser dans des comportements obsessionnels dont on constate aussi des conséquences négatives. Elle prône avant tout, «la connaissance de soi même», en associant le fruit de ses expériences et en adjoignant de nombreuses références de quelques spécialistes en la matière.
En bref une synthèse qui devrait parler à chacun d’entre nous et qui offre des voies vers le mieux être avec une multitude d’informations et de conseils sur lesquels se pencher avant de céder à la facilité d’avaler des gélules !
Frédérique Virol œuvre auprès de tous publics, à Montredon-Labessonnié ou à domicile dans toute la région. Elle a crée l’association «Coup de Pouce» et anime de nombreuses conférences articulées autour du cerveau et de thématiques dérivées.
Son livre, sorti le 8 avril dernier est disponible en librairie : Coulier ou Diffusion 2000 à Castres ou sur Internet :FNAC, Amazone…

burn out, bore out

 Pire que le burn out, il y a le bore out , l’ennui au travail : Audrey Chabal, journaliste

Les conséquences sont les mêmes, la souffrance jusqu’à la dépression grave. Mais pour les victimes, il est difficile de cerner le problème, voire d’en parler : la honte les pousse au silence, jusqu’à l’explosion.


Tableau de Degas : « Repasseuses » (Musée d’Orsay/Wikimedia Commons)
Se lever, rejoindre le coin cuisine, mettre l’eau à bouillir, laver sa tasse, choisir méticuleusement son sachet de thé, l’ouvrir, l’insérer dans la tasse, verser l’eau frémissante. Regarder l’infusion opérer. Puis revenir à son bureau. Total, 12 minutes et 45 secondes. Presque treize minutes à faire quelque chose ! Et puis ? Et puis, rien. Jusqu’à 18 heures pétantes. L’heure précise de la délivrance.
Une journée de boulot classique pour Clémence (à la demande des personnes ayant accepté de témoigner, leurs prénoms ont été changés). Elle est infographiste dans une imprimerie familiale depuis près de six ans. En CDI. Et elle s’ennuie. Depuis l’été 2013, la jeune femme a vu les carnets de commandes se vider et ses journées se transformer en un insupportable goutte à goutte.
« Je travaille une ou deux heures par jour. Trois heures si j’ai de la chance, mais je suis à l’imprimerie durant huit longues heures. J’en arrive à espérer la fermeture de la boîte afin d’obtenir un licenciement économique et arrêter de perdre mon temps. »
Clémence a envisagé la démission, mais n’ayant aucune piste, elle ne peut se le permettre. Alors elle attend. L’ennui au travail est un sujet tabou en ces temps d’explosion des chiffres du chômage qui touchait 10,4% de la population active fin 2014. Et certains seraient employés et payés à ne rien faire ? Gabegie ! Et pourtant…

Le silence, jusqu’à l’explosion

Quand il est subi, structurel, voire lorsqu’il s’assimile à une mise au placard, l’ennui se mue en souffrance et peut provoquer des pathologies mentales et physiques, comme l’indique « Bored to death », un article publié dans l’International Journal of Epidemiology d’Oxford en 2010. Ses auteurs montrent que les sujets s’ennuyant au travail ont presque trois fois plus de chance que les autres de contracter des maladies cardiovasculaires. Pour Clémence, il s’agit d’abord d’une « fatigue psychologique, une fatigue de n’avoir rien fait ».
En 2007, Peter Werder et Philippe Rothlin posent un mot sur le problème : « bore out ». Le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui vient alors en miroir du burn out, l’épuisement par trop de travail.
Les conséquences sont identiques : la « souffrance jusqu’à l’état dépressif grave », comme l’indique Emmanuelle Rogier, psychologue du travail et membre du réseau national Souffrance & travail :
« J’ai déjà eu trois cas cette année. Après le rachat de son entreprise, une comptable a été dépossédée de sa fonction. C’est une femme consciencieuse, très engagée dans son travail, qui se sent attaquée. Elle ne vit pas cela comme de l’ennui, mais comme une mutilation. Elle partait au bureau la boule au ventre, elle a commencé à perdre du poids, des cheveux… Elle ne dormait plus et a été arrêtée. »
Pour ces patients, il est très difficile de cerner le problème, de se faire aider, voire même d’en parler à un entourage qui « rêverait d’être payé à ne rien faire ». La honte et la culpabilité poussent ces salariés au silence, jusqu’à l’explosion. Emmanuelle Rogier explique :
« La différence entre le burn out et le bore out, c’est la honte. Avoir beaucoup de travail est dans le vent ! Nous sommes dans une société qui valorise la suractivité. Celui qui au contraire n’est pas actif est honteux, il a la sensation de voler son salaire. Il devient même coupable. »

« Pas assez de travail pour tout le monde »

Fainéant ou trop zélé, râleur ou inadapté, le salarié souffrant d’ennui est souvent soupçonné de ne pas vouloir entrer dans le moule. C’est le cas de Zoé Shepard, auteure sous pseudonyme du pamphlet « Absolument dé-bor-dée » qui racontait en 2010 la vie des fonctionnaires contraints de faire « les 35 heures en un mois ».
Cette attachée territoriale est aujourd’hui au placard, à cheval sur deux postes, dans deux services de l’administration. Son tort ? Avoir enfreint le devoir de réserve en critiquant le fonctionnement de l’institution et de ses collègues. Devenir fonctionnaire était pourtant un choix, une volonté « d’être utile » :
« J’ai eu l’attitude de la studieuse conne qui croit que si elle bosse dur, elle aura un bon concours, donc un bon travail où elle fera des trucs intéressants. J’ai passé des concours balaises, j’ai trimé comme un âne et quand je suis arrivée à la Région, je me suis dit : tout ça pour ça ! »
A son entrée en fonction en 2007, ses collègues lui disent qu’elle « travaille trop vite ». Après la remise en question, la jeune femme réalise rapidement qu’il n’y a en réalité pas assez de travail pour tout le monde, mais que « les collectivités continuent à embaucher plus que nécessaire… avec les impôts des citoyens ».

Situations ubuesques

Le profil des personnes souffrant de bayer aux corneilles est souvent le même : des femmes appartenant au secteur tertiaire, consciencieuses, impliquées, diplômées du supérieur et sous employées. Un autre élément apparaît récurrent dans les causes du bore out : l’organisation du travail, comme l’explique Zoé Shepard :
« Le temps administratif est très long. Pour la mise en place d’un appel à projets par exemple, il faut passer par tous les niveaux de l’administration. Or tout le monde est chef ! »
Des inepties administratives, Hélène en a connu aussi. Et souffert. Assistante sociale dans une unité psychiatrique pour adultes, elle s’est retrouvée confrontée à des situations ubuesques :
« Nous avions un classeur de premiers rendez-vous. Personne ne vérifiait si le patient avait déjà vu une assistante sociale de l’équipe. Certains patients se retrouvaient ainsi avec plusieurs premiers rendez-vous. »
La première réaction d’Hélène, nouvelle venue dans le service, est de supprimer les rendez-vous doublons. Problème, la jeune femme se retrouve avec une charge de travail réduite à néant.
« Au début, on cherche à s’occuper, on prend plus de temps sur chaque dossier, on se remet en question. Puis je me suis rendu compte que ça fonctionnait ainsi parce que des salariés tiraient des avantages de cette situation. »
Que faire dans ce genre de cas ? L’une de ses collègues rentrait chez elle dormir. Hélène avoue s’être énormément ennuyée, avoir beaucoup lu, cogité et même regardé Roland-Garros des après-midi entières. Et puis elle est allée au clash. Critiquer le système pour pouvoir faire correctement son travail. En vain. L’assistante sociale est restée quinze mois dans cette structure. Fonctionnaire, elle a eu la chance de pouvoir se mettre trois mois en disponibilité avant de se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle.
« J’étais épuisée physiquement et moralement. J’avais besoin, pour trouver sereinement autre chose, de faire un break. Prendre du temps pour moi et repartir du bon pied. »

Burn out accepté, bore out méprisé

Le 6 décembre dernier dans Le Journal du dimanche, une trentaine de députés de la majorité s’est prononcée en faveur de l’intégration du burn out au tableau des maladies professionnelles. Marie-Françoise Bechtel, députée Mouvement républicain et citoyen (MRC) de l’Aisne et à l’initiative de la démarche, insiste :
« L’épuisement nerveux commence par un surinvestissement ; c’est donc un traumatisme lié au travail. Lorsque la responsabilité de l’employeur est établie, pourquoi ne pas lui faire payer la maladie et ses conséquences ? »
Les députés espèrent en effet ajouter un amendement à la loi Touraine et intégrer le burn out à la branche « accidents du travail et maladies professionnelles » de l’assurance maladie financée à 97% par des cotisations patronales. Ils étayent leur revendication d’un chiffre choc : selon une étude du cabinet Technologia, plus de 3 millions de personnes en France seraient « en risque élevé de burn out », soit 12,6% de la population.
Et le bore out dans tout ça ? Marie-Françoise Bechtel avoue ne pas s’être penchée sur la question, que la délimitation serait bien trop complexe. Dans « Le bore-out-syndrom », un article publié en 2011 dans La Revue internationale de psychologie et de gestion des comportements organisationnels, Christian Bourion et Stéphane Trebucq assurent que « cette maladie honteuse d’un Occident où il n’y a plus assez de travail » toucherait jusqu’à 30% des salariés. Ils ajoutent :
« [Notre système] récompense la servilité plus que l’efficacité. »
S’il est toutefois difficile à cerner et à quantifier, l’ennui au travail est loin d’être un phénomène marginal. En 2005, une étude américaine d’AOL et Salary.com constatait qu’un employé « gaspille » en moyenne deux heures par jour à traîner ou effectuer des tâches personnelles. En 2009, une étude belge de Stepstone réalisée sur près de 12 000 salariés considérait qu’entre 21% et 39% d’entre eux n’avaient pas suffisamment de travail pour remplir leurs journées.
Christian Bourion analyse le phénomène et égrène ces chiffres dans son article. Mais il botte lui aussi en touche quant à sa reconnaissance.

Recours pour les travailleurs

Avant la reconnaissance comme maladie professionnelle, quels sont les recours pour les travailleurs ? Clémence, l’infographiste, a tenté de parler à son patron. A sa demande de rupture conventionnelle, elle s’est vue rétorquer un refus catégorique. « Le travail va revenir », selon son responsable. Mais Clémence perd la main. Elle a donc demandé conseil à l’inspection du travail ; voici ses options :
  • adresser à l’employeur un courrier recommandé dans lequel elle lui fait comprendre que la situation ne peut se prolonger et que cela porte atteinte à sa santé.
  • Prendre rendez-vous avec le médecin du travail.
  • 
Porter plainte auprès du tribunal du conseil des prud’hommes et demander la résolution judiciaire de son contrat de travail, aux torts de l’employeur.
  • Faire constater la situation par l’inspecteur du travail.
Dans la fiction, l’ennui au travail est toujours représenté sous des traits comiques : le manager dans « The Office » qui passe son temps à essayer d’amuser la galerie ; Chandler Bing dans « Friends » dont personne ne sait quel est le job et qu’il finit par quitter. Même « Le Désert des Tartares », classique de la littérature italienne qui aborde l’attente et l’ennui avec finesse et profondeur, est un concentré d’absurdité. Comme si, pour représenter l’ennui il n’y avait que l’humour et le non-sens. Et pourtant, Dino Buzzati aurait eu l’idée de ce roman… en tournant en rond au boulot.

Psychologue Vannes

Corinne DEMACON, Psychologue à Vannes, à Colpo, Secteur Vannes Nord, je vous reçois pour vous accompagner dans vos problématiques ou pour accompagner vos enfants, adolescents et séniors.
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Je propose un soutien et un bilan  pour informer des différentes possibilités de prise en charge et d’accompagnement en fonction des difficultés de chacun si besoin.