dimanche 10 janvier 2016

Chasser la déprime



Exprimer ce qui va bien

En notant ses "trois kifs par jours" ! Un conseil popularisé par le livre éponyme de Florence Servan-Schreiber, et qui renvoie aux travaux de Martin Seligman, spécialiste de la psychologie positive. Celui-ci a étudié un groupe de 600 personnes : tous les soirs pendant une semaine, elles ont noté dans un cahier les événements qui se sont bien passés dans la journée et pour lesquelles elles étaient reconnaissantes. Résultat : les symptômes de déprime ont été réduits pendant 6 mois. A faire même (et surtout !) si on a eu une mauvaise journée.

Se créer des rituels
Ah, le bienfait immédiat d'un mug de chocolat chaud au creux de nos mains ! Si certains gestes, certaines odeurs, nous font du bien, c'est qu'ils renvoient inconsciemment à des rituels de l'enfance. On peut aussi se les créer : en se faisant, par exemple, une tisane à chaque moment où on se sent bien et en prenant le temps d'apprécier la tasse entre nos mains. Si on le fait régulièrement, cela peut devenir une habitude : "notre corps ancre alors que la chaleur du mug va être associée à un moment de bien-être et ce geste pourra nous apaiser au prochain coup de déprime", explique Sophie Machot, coach,  et auteur du livre "Cultivez votre bonheur", aux éditions Eyrolles, et du blog concentredebonheur.unblog.fr.


Déployer sa créativité
Peinture, jardinage, chant, danse, tricot... "Toute activité, qu'elle soit sportive, de détente ou récréative, apporte un bien-être durable", note Sophie Machot. Ce moment de déconnexion, presque méditatif, quand on exerce une activité créative est encore plus puissant quand il est suivi de ce sentiment de fierté et de satisfaction propre aux activités de "do it yourself".

Il faut vivre le moment présent
Si, là maintenant, en lisant cet article, vous pensez à autre chose en même temps, c'est que vous avez tendance à avoir l'esprit qui se balade (dans le passé, dans le futur...). une étude menée par la célèbre université américaine Harvard a montré que 46 % des personnes interrogées passaient leur temps à penser à autre chose que ce qu'elles sont en train de faire. Or ces personnes avaient tendance, selon l'étude, à être moins heureuses que les autres. Prendre le temps de se "poser" un moment chaque jour, se mettre à la méditation, avec un CD ou se faisant accompagner, c'est très bénéfique.

Dire oui à la vie
Mère Theresa disait que "si on l'invitait à une manifestation contre la guerre, elle ne viendrait pas mais que si on l'invitait à une manifestation pour la paix, elle serait en tête de cortège". Etre "contre", ce n'est pas pareil qu'être "pour" et dans notre quotidien, cela s'applique aussi. "Notre cerveau ne comprend pas la négation", explique Sophie Machot : "si on vous demande de ne pas penser à un éléphant vert à pois rose portant un tutu, c'est cet éléphant que vous allez visualiser." C'est la même chose quand on se repasse en boucle des petites phrases qui peuvent miner comme "je ne veux pas être en retard" (notre cerveau retient "en retard".). Il faut s'entraîner à penser plus positivement.

jeudi 7 janvier 2016

Améliorer l'estime de soi

L’estime de soi se bâtit en agissant sur différentes dimensions de notre existence. À première vue, certaines de ces dimensions apparaissent plus fondamentales que d’autres. Mais il ne s’agit pas d’un processus linéaire car nous pouvons agir sur différentes composantes de notre vie en obtenant un résultat sur l’estime de soi. Pour cela, il suffit que l’action respecte nos valeurs. Peu importe la nature du défi, l’effet est
équivalent dans la mesure où il s’agit vraiment d’un défi. Cette caractéristique est avantageuse car elle nous permet de consacrer toujours notre énergie aux défis les plus actuels de notre vie pour conserver ou rehausser notre estime.
Nous réapproprier le pouvoir d’être nous-même.
Cette démarche nous permet de devenir une personne en harmonie avec elle-même et consciente de son identité propre. Notre identité, en effet, s’incarne dans notre vécu corporel, les émotions et les besoins qui nous sont propres, les pensées et les opinions qui sont nôtres, les rêves et les aspirations qui nous caractérisent et les valeurs auxquelles nous adhérons.
Respecter qui je suis et m’autoriser à avoir mes émotions et mes besoins.
L’ingrédient crucial de l’estime de soi est sans conteste le respect de soi. La fidélité à soi-même consiste essentiellement à agir conformément à ce qui revêt de l’importance à nos yeux.
Mais nos choix sont toujours sous-tendus par un grand nombre de dimensions qui comptent à nos yeux. Il n’est généralement pas possible de toutes les honorer. C’est en nous référant à notre échelle de valeur que nous pouvons faire des choix qui ont un effet positif sur notre estime.
Le respect de soi a un prix, tout comme le non respect en a un. Ce prix fait partie de l’ensemble que je choisis lorsque je décide de respecter ce qui m’importe. Chaque fois que nous choisissons de nous assumer en acceptant d’en porter les conséquences notre estime s’en trouve rehaussée. Si au contraire nous n’arrivons pas à mettre nos principes en application lorsqu’il nous en coûterait quelque chose, notre estime de nous-même s’en trouve altérée. Et ce, à chaque fois que nous aurions l’occasion de les mettre en application.
Faire de la place au doute
Réfléchir c’est nécessairement accorder de l’importance au doute. L’incertitude devant un énoncé présenté comme une vérité ou devant un fait rapporté est une manifestation saine de l’intelligence.
De cette façon, nous conservons une maîtrise sur ce qui nous influence et sur nos choix qui en découlent. Ce faisant, nous contribuons à élaborer notre concept de soi comme personne à part entière, à l’esprit autonome.
Développer ma confiance au plan intellectuel
Au plan intellectuel comme ailleurs, c’est l’exercice et la persévérance devant les difficultés qui nous permettent de bâtir notre confiance. Ainsi, plus nous faisons l’effort de réfléchir par nous-même, plus nous pouvons constater et croire que nous sommes capable de comprendre, même des situations complexes. Mais plus nous adoptons l’analyse et les opinions de d’autres et plus nous en venons à déprécier notre propre capacité de le faire.
L’école tend à nous dire quoi penser plutôt qu’à nous apprendre à réfléchir. Et les familles sont souvent trop occupées pour faire de la place à l’échange constructif et à une discussion qui met à l’épreuve la réflexion et le jugement. De plus nous sommes envahis par les médias diffusant des tonnes d’informations et d’opinions. Il est tentant de nous en remettre à eux pour former notre opinion.
Si nous choisissons de perfectionner notre personne au plan intellectuel autant que qu’aux plans affectif et physique, il faut nous attendre à déployer des efforts. Comme tout ce qui est valable, l’exploitation de nos ressources intellectuelles est exigeante, comme l’illustre cet exemple.
Exercer mon jugement
La capacité d’évaluer les situations est une autre composante importante de l’intelligence. Cette fonction intellectuelle est continuellement en opération. C’est elle qui nous permet de jauger le danger, de savoir si ce qu’on nous propose nous convient, d’apprécier le beau. Même si nous n’avons pas toujours conscience de le faire, nous analysons continuellement les situations qui nous concernent, puis émettons une opinion sur elles sous la forme d’un jugement.
Dans certains cas, ce dernier implique des conséquences importantes; il nous arrive alors de réserver notre appréciation parce que nous manquons de données ou encore parce que notre analyse est incomplète. Mais dans le feu de la vie quotidienne, nous portons continuellement des jugements: ceci est correct, cela ne l’est pas, je suis d’accord, je n’approuve pas…
Dans certains milieux, le jugement est devenu tabou, au moins lorsqu’il s’applique aux personnes. C’est souvent le cas dans les groupes qui accordent une valeur importante au développement personnel. Pour être accepté, il faut « parler au je » et non parler de l’autre. Dans ce cadre, les critiques négatives (mais non les positives) sont mal vues parce que « nous n’avons pas le droit de juger l’autre » (« Qui sommes-nous pour juger? »). Selon ces normes. l’idéal de vie avec nos semblables reposerait sur une attitude de considération positive inconditionnelle.
S’abstenir de juger est préconisé dans une relation thérapeutique lorsqu’on veut aider le client à s’accepter lui-même. Mais dans une relation non-thérapeutique, la même abstention produit des résultats néfastes. Souvent les jugements inhibés sont exprimés dans une forme moins détectable mais pernicieuse (critiques indirectes par exemple sous forme d’une question pleine de sous-entendus, manipulation, etc.). Dans d’autres cas, l’effort de neutralité sape la vitalité de la relation (relation superficielle, propos complaisants, échanges aseptiques, etc.). Finalement, l’amputation de la faculté de juger ne contribue ni à notre épanouissement, ni à celui de nos relations.
Cette option relationnelle est fondée sur la volonté de faciliter la communication en minimisant les provocations qui entraînent l’interlocuteur à se mettre sur la défensive. Mais il y a de meilleurs moyens de s’exprimer totalement sans attaquer ou tenter de blesser l’autre.
Actualiser mon potentiel
M’autoriser à avoir mes émotions et mes besoins correspond à la conquête du droit à l’existence. Respecter qui je suis m’aide à conquérir une identité distincte. Les deux conquêtes sont des démarches de développement psychique. Elles visent toutes deux à récupérer notre pouvoir d’être ce que nous sommes afin d’être en possession de nous.
Mais d’un autre point de vue cette section n’est pas redondante car l’actualisation du potentiel est une démarche bien différente des conquêtes d’identité. Elle consiste à réaliser le potentiel inscrit dans l’ensemble de notre être. Il s’agit de talents physiques, intellectuels, artistiques, etc… Parfois ceux-ci sont détectés par hasard. Souvent, ils sont révélés par des aspirations ou des désirs. La plupart du temps, le développement du potentiel est vécu comme une nécessité intérieure.
Il est naturel pour les êtres vivants de chercher à se développer. À moins de se trouver dans des conditions trop précaires, la plante grandit, fait des bourgeons, fleurit. Il n’existe pas de plante qui « stagne ». Si sa croissance n’est pas évidente, c’est qu’elle est en mode de repos ou de survie. Dans les deux cas, elle est occupée à prendre soin de sa vie.
Chez l’enfant, le besoin de croissance est également évident. Mais chez lui aussi, si les conditions s’avèrent défavorables il optera pour la protection de ses acquis ou tout simplement pour assurer sa survie.
Chez l’humain comme dans le reste de la nature, la force d’actualisation est toujours active.
Volonté, besoins, rêves, désirs, défis…
Au cours de la vie, la tendance actualisante se manifeste par des besoins, mais aussi par des aspirations. Celles-ci apparaissent sous la forme d’un désir, d’un rêve ou encore d’un défi à relever. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel désir ou rêve; son enjeu principal est le développement d’une capacité. Ici, le plaisir immédiat n’est pas un critère; c’est la satisfaction de grandir qui est surtout recherchée. La plupart du temps, ces besoins d’actualisation se manifestent à travers le caractère impératif du désir, la récurrence du rêve, la puissance du désir ou encore l’urgence d’agir.
La peur est une compagne assidue des besoins d’actualisation. C’est souvent parce que nous la laissons prendre le dessus que nous remettons à plus tard nos défis, nos rêves, nos désirs et même nos volontés fermes. C’est ainsi que nous évitons souvent d’avancer. Nous perdons l’occasion de vivre de nouvelles expériences qui seraient des occasions d’apprendre, de développer des habiletés et d’agrandir notre portée sur notre univers.
La plupart des sujets importants à nos yeux ont tendance à nous faire peur. Pour avancer, nous devons réussir à les confronter, mais cela ne signifie pas qu’on doive les nier. Il faut au contraire en tenir compte en graduant les difficultés et la sélection des défis.
La confrontation des peurs est souvent nécessaire pour développer la confiance en soi. Il nous est plus facile de le faire dans certains domaines que dans d’autres. Lorsqu’il devient important pour nous de gagner de l’expérience et de la confiance dans un domaine, il nous faut passer par le chemin où nous rencontrerons nos peurs. La confiance ainsi gagnée devient alors un sujet de fierté et un moyen de rehausser l’estime de soi. De plus, la compétence acquise est, elle aussi, un sujet de fierté et d’estime de soi.
Soigner mon physique
Nous ne sommes pas indifférents à l’évaluation de notre corps et de notre apparence physique. Qui que nous soyons, nous pouvons toujours faire quelque chose pour être « mieux dans notre peau ». Même la personne la moins dotée du point de vue de la beauté peut apporter des améliorations à sa condition pour ressembler davantage à ce qu’elle souhaite. Parfois c’est une question de nutrition, parfois d’exercice, d’autre fois de chercher à mettre ses atouts particulier en valeur, …
Dans ce domaine comme dans les autres, rien n’est gratuit. Pour ressembler à ce que nous souhaitons, il faut des efforts et de la persévérance. La personne qui s’estime cherche à paraître le plus possible à son avantage. Celle dont l’estime est faible n’a pas la poussée intérieure pour amorcer les changements qu’elle souhaite. Mais si elle fait l’effort de se mettre en branle sur ce plan, son estime augmentera à coup sûr. Le simple fait de décider vraiment de le faire peut déjà avoir un effet bénéfique sur notre estime. Le cercle peut donc prendre une allure heureuse ou vicieuse, selon notre choix.
Les attitudes propices
Enfin certaines attitudes sont propices à faire des gains dans l’estime de soi. Aucune d’elle n’est innée. L’attrait pour le risque et la persévérance peuvent avoir un lien avec le caractère mais ils doivent être encouragés pour persister. L’éducation de même que les résultats qui en découlent jouent donc un rôle important dans l’acquisition de ces attitudes. Voyons brièvement quel est le rôle de chacune.
La persévérance
La persévérance consiste à persister dans une activité afin d’atteindre le résultat recherché. Il faut la distinguer de l’entêtement, qui est parfois une qualité, mais peut conduire à
l’échec. C’est le cas lorsqu’il ne permet pas de réévaluer les stratégies qui mènent à l’échec et lorsqu’il équivaut à une persévération « dans l’erreur ». La persévérance est plutôt synonyme de persistance dans l’effort, l’attitude qui permet de ne pas se décourager, malgré les obstacles.
La persévérance englobe un fort désir de réussir. Les obstacles y sont souvent considérés comme des défis à relever grâce à l’astuce et à la ténacité. Lorsqu’une telle attitude conduit à une réussite il nous est facile d’avoir la certitude que le succès vient de nos efforts; notre estime augmente automatiquement.
Le droit à l’erreur
Par ailleurs, il est impossible de repousser nos limites si nous n’avons pas droit à l’erreur car ces conquêtes sont impossibles sans expérimenter dans des terrains inconnus. Par définition, l’expérimentation donne à la fois des résultats positifs et négatifs. Si nous ne pouvons supporter l’échec, nous sommes condamnés à éviter souvent d’expérimenter la nouveauté.
L’éducation peut contribuer à ce que l’enfant soit stimulé par la recherche et la découverte plutôt que motivé par la nécessité de trouver les « bonnes réponses ». Désir d’exploration rime avec jeunesse. Les adultes ont le pouvoir de tuer dans l’oeuf ce désir, mais ils peuvent aussi l’encourager. Devenu adulte, le besoin de réussir à tout prix et la peur de l’erreur peuvent devenir si durs que l’immobilisme nous guette. Dans d’autres cas, la dépense d’énergie pour éviter l’erreur, pour la camoufler ou pour éviter de l’assumer est si importante qu’elle nous consume.
La capacité de risquer
L’estime se bâtit en relevant des défis, qu’il s’agisse de nous respecter ou de nous lancer dans des entreprises exigeantes. Dans tous ces cas le risque est présent: celui de déplaire, de perdre la face, d’être rejeté, d’échouer, etc. Si la sécurité et le confort sont si importants à nos yeux que nous ne pouvons nous résoudre à les perdre, nous limitons énormément nos possibilités d’enrichir notre estime.
La capacité de risquer se développe. Bien entendu, plus le travail commence tôt et plus il est facile. Dans ce cas, les parents doivent renoncer à la surprotection qui les rassure eux-mêmes. Ils doivent fournir des conditions où les expérimentations peuvent avoir lieu et faire confiance à l’enfant. Il leur faut aussi encourager le goût de l’enfant pour les essais et la recherche plutôt que de mettre de l’avant leurs peurs et les obstacles. Quant à l’adulte qui souhaite devenir plus aventureux, il trouve des centaines d’occasions à sa portée. Il s’agit pour lui de s’entraîner à prendre des risques au jour le jour.
Conclusion
Avoir une bonne estime de soi peut  apparaître comme une tâche insurmontable. Mais elle ne l’est pas puisque nous pouvons nous y attaquer par un grand nombre de portes. Il suffit de relever un défi, de nous respecter, de vivre suivant nos valeurs, pour la conserver ou la rehausser. En somme, nous agissons continuellement sur cette importante dimension de la qualité de notre existence. Par nos choix et nos actes, nous avons toujours le pouvoir de l’améliorer ou de la détériorer

dimanche 3 janvier 2016

ESTIME DE SOI

L’estime de soi est un concept psychologique qui renvoie au jugement global positif ou négatif qu’une personne a d’elle-même.
L’estime que l’on va avoir de soi dépendra de beaucoup de paramètres. L’environnent, l’éducation, la personnalité, les capacités physiques et intellectuelles, etc… sont autant de variables qui vont influencer le jugement que nous portons sur nous-même. L’estime de soi se construit durant l’enfance et évoluera au cours de la vie avec les expériences de réussite et d’échec.
Une faible estime de soi pourra entraîner un mal-être et des difficultés dans les relations avec les autres personnes. Elle sera également un facteur de risque pour le développement de troubles psychologiques. Les personnes qui ont une faible estime d’elles-mêmes ne se trouvent jamais assez bien,  jamais à la hauteur et en souffrent terriblement.
Au contraire, une estime de soi très haute pourra amener la personne à avoir des comportements et des attitudes souvent mal perçus par les autres qui verront souvent en elle une personne hautaine et un peu trop sûre d’elle. Une estime de soi très haute peut conduire la personne à avoir des conduites à risque se pensant à l’abri de tout.
Enfin, une « bonne » estime de soi correspondrait à une estime de soi satisfaisante, ni trop faible ni trop élevée, ce qui favorise l’épanouissement relationnel et le bien être personnel.
Depuis quelques temps les chercheurs et les médias s’intéressent de près à l’estime de soi et de nombreuses actions de santé s’organisent pour développer une « bonne estime de soi ». Cette démarche permettrait aux enfants et aux personnes de s’épanouir dans de nombreux domaines et leur éviterait de développer des troubles tels que la dépression et certains troubles anxieux .
Ce jugement est à la fois subjectif et objectif. Il est influencé par les expériences, les capacités (physiques, intellectuelles) et le tempérament général optimiste ou pessimiste de la personne.
L’estime de soi est l’ensemble des jugements (être capable, important, digne, etc…) que la personne a d’elle-même dans différents domaines (travail, scolaire, apparence physique, etc…).
L’estime de soi dépendrait non seulement de la perception que les individus ont de leurs réussites et de leurs échecs mais également de leurs objectifs de réussite. Lorsqu’une personne dépasse ou atteint les objectifs qu’elle s’est fixée, par exemple la réussite d’un examen après avoir beaucoup travaillé, son estime d’elle-même serait renforcée.
Au contraire, lorsque les ambitions fixées dépassent les capacités, comme par exemple courir un marathon en étant peu entraîné(e), l’échec sera souvent effectif et pourra conduire la personne à s’estimer négativement, si elle attachait beaucoup d’importance à la réussite.
C’est en connaissant bien ses capacités et en fixant des objectifs réalisables que nous mettons toutes les chances de réussite de notre côté. .
Il est souvent difficile de bien connaître ses capacités réelles. La vision que nous avons d’elles est fortement influencée par le jugement d’autrui et par nos sentiments. Des personnes auront toujours tendance à se surévaluer ou au contraire se sous-estimer.
Les pédagogues et les psychologues scolaires s’intéressent beaucoup à l’estime de soi des enfants. Avec la maison, l’école est le deuxième lieu important où se met en place l’estime de soi des enfants.
L’estime de soi, qu’a l’enfant au départ, dépendra beaucoup de la qualité de la relation qu’il entretient avec ses parents et l’école (institutrice et camarades). Le style éducatif 1 (libéral, permissif ou autoritaire) encouragera ou non l’acceptation de soi et la confiance en soi de l’enfant. Enfin, le discours que les adultes porteront sur les capacités de l’enfant est également important. Permettre à l’enfant de connaître ses forces et ses faiblesses et à les accepter est important pour qu’ils développent une bonne estime d’eux-mêmes.
Avec le temps, l’enfant se confronte à de nouvelles expériences et se détache de l’image de lui que les adultes (parents, enseignants) lui renvoient. Il s’autonomise petit à petit, pense et émet des jugements sur lui-même même. La vision et le jugement des autres sera toujours un facteur d’influence mais dans une proportion moindre.
A l’âge adulte, les bases de l’estime de soi sont déjà en place et les expériences surtout professionnelles et familiales continueront de nourrir l’estime que l’on se porte.
Une personne qui a une mauvaise estime d’elle-même pourra :
  • se faire constamment des reproches intérieurs ;
  • se sentir incapable d’accomplir des choses (projet professionnel…) ;
  • se sentir inférieur(e) aux autres ;
  • se déprécier sans même s’en rendre compte ;
  • avoir des difficultés à régler les problèmes ;
  • s’évaluer d’après ses échecs et les critiques des autres personnes.
Un enfant qui a une faible estime de lui va souvent développer des troubles du comportement, il pourra :
  • avoir du mal à se faire des amis ;
  • être facilement frustré ;
  • se culpabiliser ;
  • se dévaloriser ;
  • être impulsif ;
  • développer une timidité excessive ;
  • faire des crises pour attirer l’attention ;
  • se rendre malade avant des contrôles ou des examens.
Dans les études, on retrouve plusieurs troubles associés à une faible estime de soi. La dépression2 est l’une des principales maladies fortement liée à un trouble de l’estime de soi. Les personnes anxieuses3 présenteraient également une plus faible estime d’elle-même que les personnes ne souffrant pas d’anxiété. De même, les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie et l’anorexie, auraient une estime d’elle faible et basée en grande partie sur l’apparence physique. Enfin, lorsqu’on interroge les personnes souffrant d’addictions (alcool, drogue, etc…), on constate qu’elles ont une image très négative d’elles-mêmes.
De nombreuses échelles et questionnaires sont utilisés par les professionnels de santé (psychiatre, psychologue, psychologue scolaire, etc…) afin de sonder l’estime de soi des personnes. Ces outils varient quant à leur conception (modèle théorique utilisé), leur forme (questionnaire, inventaire, etc…).
Quelques principes assez simples à mettre en place peuvent favoriser le développement d’une bonne estime de soi chez l’enfant. Ces lignes de conduite ont pour but d’encourager l’enfant à avoir confiance en lui tout en lui permettant de développer ses talents.
Grâce à des règles éducatives (claires, réalistes, peu nombreuses) qui lui permettent d’évoluer dans un environnement sécurisant, l’enfant sera encouragé à émettre son avis tout en se référant au cadre éducatif défini par ses parents. Il est important de lui apprendre très tôt que si les règles ne sont pas respectées, il y a aura des conséquences :
  • Lui permettre d’émettre son avis et de faire des choix (par exemple : entres 2 activités extrascolaires) afin de lui permettre d’acquérir assurance, confiance et sens des responsabilités.
  • Il est important d’agir de façon à ce que l’enfant ait une vision positive mais tout de même réaliste de lui-même (par exemple : souligner ses forces et évoquer ses difficultés en ménageant sa fierté et en lui donnant les moyens de s’améliorer).
  • L’aider à exprimer ses émotions et sentiments et ne pas hésiter à susciter sa motivation pour les tâches scolaires et de loisirs. Il est important de l’amener à aller au bout de ses projets en respectant son rythme.
  • Enfin, l’encourager à aller à la rencontre des autres enfants et l’aider à trouver sa place dans le groupe de ses pairs en gérant en partie lui-même les conflits.
Les thérapies cognitivo-comportementales sont largement utilisées pour accompagner les personnes qui souffrent d’un trouble de l’estime de soi. A l’aide d’exercices pratiques et de jeux de rôle, le thérapeute va amener la personne à mieux se connaître, à accepter ses forces et ses faiblesses et à s’affirmer en supportant mieux les situations d’échec. Un travail sur les pensées et les émotions négatives que le sujet porte à son égard va être à la base de cette thérapie.

Livres pour enfant

Dominique de Saint Mars, Serge Bloch. Max se trouve nul. Calligram, Ainsi va la vie, 2007
Anne Cortey, Guillaume Reynard. Je ne suis pas un ver de terre, Autrement Jeunesse, 2008
Jérôme Ruillier. Trop petit, Casterman, 1998
Chloé Remiat, Patrice Eon. Marre de mes complexes ! Milan Jeunesse, 2008

Livres pour parents

Duclos, Germain. Que savoir sur l’estime de soi de mon enfant ? Hôpital Sainte-Justine, Questions/réponses pour les parents, 2008.
Duclos, Germain et Duclos, Martin. L’estime de soi un passeport pour la vie. Hôpital Sainte Justine, 2004.
Bacus, Anne. Mon enfant a confiance en lui, Marabout, 2003
Laporte, Danièle et Sévigny, Lise. Comment développer l’estime de soi de nos enfants « Guide pratique à l’intention des parents d’enfants de 6 à 12 ans ». Hôpital Sainte-Justine, 1998

Livres pour adultes

Christophe André, François Lelord. L’estime de soi, S’aimer pour mieux vivre avec les autres, Odile Jacob, 2008

vendredi 10 juillet 2015

La femme de la semaine Céline Rivière, neuropsychologue et auteure de " La câlinothérapie " aux Editions Michalon


Les câlins c'est bon pour le moral...mais aussi pour la santé. 

Ils nous aident à lutter contre les hormones très toxiques du stress. 

Quand on est bienveillant envers soi-même et envers les autres on résiste mieux aux maladies.


Céline Rivière 

Céline Rivière s'appuie dans ce livre sur les plus récentes découvertes médicales et scientifiques pour étayer sa thèse: prendre le temps de faire un câlin, veiller à s'accorder des moments de pause
et de bien être améliore notre résistance au stress et aux maladies.

lundi 6 juillet 2015

Êtes-vous « burn out » ou « bore out » ?

Ces semaines, il a occupé certains titres de journaux et de rédactions web. Il est au centre même des considérations politiques jusqu’à être retiré de la liste des maladies professionnelles par le Sénat, ce mercredi 24 juin. Pourquoi le burn out  fait-il autant parler ? Est-il devenu l’apanage banalisé et commun des professions ou est-ce un ras-bol général ? Et surtout pourquoi le bore out, phénomène miroir, est-il méprisé ?
Dans une société où l’on nous pousse à être toujours plus rentables, toujours plus présents et toujours plus volubiles, la surperformance et le dépassement de soi deviennent alors les normes.
Pour ne pas dévier de cette norme et de cet idéal professionnel, certains se réfugient dans les heures supplémentaires, d’autres dans le silence. On s’épuise psychologiquement. On s’épuise physiquement. La dépression pointe le bout de son nez. Oui, il faut des normes. Oui, l’idéal professionnel existe. Mais à force de les confondre, les seuls fruits du dur labeur résultent au burn out pour certains, au bore out pour d’autres. Mourir de stress ou souffrir de ne rien faire, est-ce le choix cornélien des travailleurs ? Non, le cercle infernal plutôt.
Nettement moins sous les projecteurs que son cousin, le bore out traduit également une autre réalité du travail. Comment peut-on arriver à s’ennuyer dans sa vie professionnelle lorsque le chômage inquiète de plus en plus et que rechercher un CDI revient à chercher une licorne dans le désert du Sahara ? Les raisons sont aussi simples que multiples : la routine, une hiérarchie pesante et excluante, être arrivé(e) à son poste par défaut, être surqualifié. Le pire ennemi de ces « bored out » : le temps.

Le bore out : à la recherche du temps perdu

Les personnes interrogées sur leur bore out délivrent souvent les mêmes récits : lire les mails, répondre aux mails, répéter les tâches indéfiniment, se prendre un café, déjeuner, reprendre ses mails, se sentir inutile et rebelote…jusqu’à l’heure de la délivrance. En 2005, une étude menée aux États Unis sur 10.000 actifs révélait qu’un salarié passait en moyenne deux heures par jour sur des tâches sans rapport avec sa fonction; un tiers d’entre eux évoque comme explication l’absence de tâches attribuées.
Si cette frustration n’a rien d’exceptionnel à en croire l’exténuant proverbe « il y a des jours avec et des jours sans mais les jours sans, il faut faire avec », pourquoi nous affecte-t-elle autant ? La surperformance encore et toujours. On se surprend à désirer plus, à épater ses collègues, à s’épater soi-même, à atteindre un idéal. Mais l’idéal n’est-il pas fait pour rester inatteignable ? Dur retour à la réalité. Il faut alors accepter d’abaisser nos exigences et parfois renoncer aux objectifs zélés. L’autre solution : la démission, mais pour quel horizon ?
Comme le soulignait un article publié dans l’International Journal of Epidemiology d’Oxford en 2010, l’expression « s’ennuyer à mourir » n’a rien de gratuit. Les auteurs montrent alors que l’ennui cède la place à une souffrance qui amène alors à des pathologies mentales et physiques. Résultat des non-courses : les las ont trois fois plus de chance que les autres de développer des maladies cardiovasculaires. La retraite fantasmée n’est alors plus celle que l’on attendait. Pour endiguer cette situation, les prescripteurs ont érigé un poste qui signifie tant et peu de choses à la fois : le manager.

Le manager, ce super-héros ?

Super Manager se doit d’être à l’écoute de son équipe, repérer les faiblesses et les forces de chaque membre. Si la frustration se fait sentir, on opte pour une réévaluation du poste, si les relations ne sont pas au beau fixe, on envisage l’option de la mobilité interne. Le maître-mot : la prévention. Pourtant, le bore-out est méprisé et n’est pas reconnu à juste titre comme une réalité professionnel. Pourquoi ? Parce que le bore-out syndrom une maladie honteuse. Honteuse car complexe à délimiter. Dans un article publié en 2011 dans La Revue internationale de psychologie et de gestion des comportements organisationnels, les professeurs Christian Bourion et Stéphane Trebucq assurent que « (Notre système) récompense la servilité plus que l’efficacité ». On s’ennuie parce qu’on est paresseux et non malheureux voilà tout. Oui mais non.
Au final, le coupable c’est le système. Pas vous.